Polyptyque
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Biography
PRIX POLYPTYQUE 2024
Driss Aroussi
Marion Ellena
Elie Monferier
Eleonora Paciullo
Les 4 lauréat.e.s 2024 :
Driss Aroussi
Marion Ellena
Elie Monferier
Eleonora Paciullo
Driss Aroussi
Né en 1979 au Maroc, Driss Aroussi vit et travaille à Marseille, en France.
Son travail artistique est polysémique, empruntant plusieurs axes de recherche, naviguant entre expérimentation et forme documentaire. Driss Aroussi utilise dans sa pratique ce qui permet de reproduire la réalité comme la photographie, de la saisir comme la vidéo. Ces dernières années, il a photographié des chantiers de construction, passant du temps avec les ouvriers, partageant leur quotidien, considérant les hommes, les outils, les objets et les lieux. Le réel pour lui porte aussi la marque du travail, les stigmates de ses contradictions, les signes de la transformation qu’il opère sur notre réalité.
Le travail artistique ici, se construit autour de la fragilité des équilibres éphémères et de la figure humaine. Le chantier de construction est un lieu de travail et de vie sociale et, un espace-temps presque insaisissable, qui n’a que pour finalité l’édifice terminé. Prélevant des portions du réel, des images émergent de ces chantiers tels des petits poèmes muets.
Marion Ellen
Née au Venezuela en 1992, Marion Ellena a développé sa pratique au sein de l’école d’art bruxelloise La Cambre, ainsi qu’aux Arts Décoratifs de Paris.
Elle vit et travaille actuellement à Marseille. Elle mène une pratique expérimentale s’attachant principalement à faire de son sujet le médium photographique tout en traversant la plasticité de la mémoire et la notion d’archive comme champ de réflexion.
Pour Polyptyque, l’artiste propose un accrochage de quatre grands formats extraits de sa série intitulée Scrolling, qui utilise un processus expérimental dans sa pratique photographique et explore la façon dont le temps est encapsulé dans les appareils que sont nos smartphones. L’artiste joue avec la promesse de leur stockage infini en les soumettant à diverses altérations, amplifiant ainsi la dimension éthérée de l’intimité et leur capacité à hanter le présent.
Les photographies, prises avec un smartphone, sont transférées d’abord sur ordinateur puis rephotographiées avec une pellicule photosensible noir et blanc, ou imprimées sur du papier transparent pour être en contact avec du papier photosensible, tel un photogramme. Une fois les images tirées en noir et blanc, elle les laisse baigner dans plusieurs bains chimiques jusqu’à l’altération du papier et de son émulsion.
Elie Monferier
Artiste visuel, Elie Monferier s’intéresse à l’image pour sa capacité à produire sans cesse du récit, à générer de la rupture dans l’ordre fonctionnel du monde et à sonder le mouvant, le dynamique, le sensible par lesquels la pensée se constitue et circule. Ses recherches gravitent en particulier autour de la mémoire, qu’elle soit affective ou pulsionnelle, sociale ou territoriale, et de ses effets. Créateur de livres d’artiste, il voit dans ce médium la possibilité sans cesse renouvelée de questionner notre manière de nous déplacer au sein des images et de penser avec elles. Son premier livre, Sang Noir, livre d’artiste relié à la main, a été élu « Meilleur livre de photographie de l’année 2020 » à Photo ESPAÑA dans la catégorie autoédité.
Journal des Mines est un travail photographique sur l’empreinte historique, sociale et environnementale de l’activité minière en Ariège. Dans un territoire menacé par l’oubli, Elie Monferier interroge la disparition progressive des traces matérielles, des archives et des témoignages par lesquels la mémoire se constitue et circule. En se confrontant à des sites miniers rendus inaccessibles par la mutation des paysages, les conditions météorologiques, l’altitude ou encore l’érosion, il sonde comment les différentes strates de la mémoire agissent sur ce que l’on peut ou ne peut pas voir, et comment ce qui demeure caché hante une approche photographique sans cesse renvoyée à la notion de perte. Quand la nature n’a pas repris ses droits, au mieux trouve-t-on sur place une lourde grille, une plaque commémorative et des éboulis à côté. Au-delà d’un documentaire sur une activité humaine circonstanciée à un territoire, Journal des Mines est une réflexion critique sur ce qu’implique la création d’un paysage : comment ce qui disparaît dialogue avec le visible ?
Eleonora Paciullo
Née en 1993 à Turin (Italie), Eleonora Paciullo vit et travaille à Nice. Elle est photographe, conceptrice de livres et Photo Editor du magazine The Light Observer. Sa pratique artistique se concentre sur des installations qui combinent la photographie, la vidéo-performance et la sculpture, explorant la manière dont les récits individuels et la mémoire collective évoluent et s’entremêlent au fil du temps.
Son dernier projet, “Theophanies”, a été sélectionné et exposé lors de la 10e édition du prix Ghirri, à Reggio Emilia. En 2022, elle a été nominée pour la résidence COTM AlUla et le projet “Almar’a” réalisé pendant la résidence a été exposé à COTM 2022. En 2021, le projet “Do you want to go and live where it’s always sunny” a été exposé au festival Circulation(s) à Paris et a été publié dans 6mois et Dype OFF. Son travail a été publié sur divers sites web et publications, notamment Dype Publiship, Lezioni di Fotogfia – Corriere della Sera, Ph Museum. A côté de sa pratique artistique, elle travaille pour des galeries d’art et des magazines en tant que photographe et graphiste. Elle a également collaboré avec le photographe Joan Fontcuberta sur un large éventail de projets. En 2019, elle a cofondé la maison d’édition Éditions de l’Observeur avec le designer français Hugo Berger.