Lucien Samaha

« party »

Lucien Samaha, Libanais d’origine, s’est installé aux Etats-Unis au début des années 70. Très jeune, il s’initie à la photographie en autodidacte. Son premier appareil photographique n’était autre qu’un boîtier reflex, muni d’un film noir-blanc Tri-X qu’il développait dans un placard de la maison familiale, en Virginie.

Ses premiers clichés datent du milieu des années 70. Lucien Samaha commence alors une longue exploration de l’univers des parties newyorkais, milieu qu’il chérit tout particulièrement, étant lui-même un fréquentateur assidu des sorties nocturnes. Dans les années 80, Lucien Samaha déménage à SoHo, alors quartier phare de la branchitude newyorkaise. C’est à ce moment qu’il démarre un important projet photographique en documentant la scène des boîtes de nuits de la ville. Au fur et à mesure des rencontres, il finit par être engagé en tant que paparazzi officiel pour le club de nuit Limelight, lieu mythique des soirées newyorkaises, fréquenté par des stars de l’époque telles que Grace Jones, Liberace, Shirley Mac Laine, Sylvester, Rick James et tant d’autres.

Oiseau de nuit, Lucien Samaha officie de jour en tant que chef de cabine pour la compagnie aérienne TWA. Ses déplacements fréquents de par le monde sont aussi l’occasion de transiter dans les boîtes de nuit locales.

En 1987, Lucien Samaha s’inscrit au Rochester Institute of Technology où il obtient une bourse de Eastman Kodak. En 1990, il est engagé par la société Kodak et participe à la conception et à la promotion du tout premier appareil photo digital. L’exploration de l’univers de la nuit, commencée 15 ans plus tôt, se poursuit du côté de Rochester. Ses clichés donnent un aperçu très variés de l’univers des parties: Lucien Samaha s’invite aux fêtes d’étudiants tout comme aux soirées d’entreprise.

1994, Lucien Samaha est de retour à New York. Sa passion pour la musique lui ouvre de nouvelles voies et il s’affiche désormais en tant que dj dans divers bars et lounges branchés de la ville. Très vite, il se fait remarquer pour son goût des musiques éclectiques et ses soirées deviennent aussitôt incontournables.
Dj confirmé et acclamé, il devient resident djdes soirées Windows of the World, véritables événements d’envergure, organisés au 107ème étage du World Trade Center. D’abord appelées “Stratolounge”, ces soirées seront par la suite connues sous le nom de “Mondo 107”. Lucien Samaha et “Mondo 107” est une affaire qui roule: les gens qui s’y bousculent viennent du monde entier. N’ayant jamais perdu de vue son projet initial lié au monde de la nuit et ses parties, le dj et photographe Lucien Samaha a recueilli pendant 5 ans plus de 5000 clichés depuis sa plateforme de dj.

Une série de photographies intitulée “Party Portraits” a précédé de peu le projet “Mondo 107”.  Avec “Party Portraits”, Lucien Samaha incorpore le formel à l’informel, en créant une succession de portraits posés dans le déroulement spontané d’une fête. En se concentrant sur la relation entre le sujet et l’appareil photographique, en le plaçant au premier plan de l’image par l’éclairage et le cadrage, il permet ainsi à l’interaction en arrière-plan de servir de décor à ces portraits. Dans “Party Portraits” Lucien Samaha prend une attitude dissidente, dans laquelle la photographie constitue le but en soi. Les différentes séries proposées ne sont pas simplement des excercices de style, mais un tribut photographique à un rituel simple mais essentiel, présent dans l’histoire des sociétés et plus particulièrement dans celle de ces “party-cipants”. La fête est un événement culturel qui existe dans toutes les sphères sociales. Dans son travail, Lucien Samaha ne cherche pas à montrer ou à exclure un certain type de fête. Il explore tout simplement ceux qui l’entourent. “La fête est une scène idéale pour créer des portraits naturels, car c’est un lieu et un moment où l’esprit se manifeste à travers les attitudes et les comportements, les manières et l’interaction”, affirme Lucien Samaha.
Sa dernière série en date, intitulée « As Promised« , compte plus de 1500 portraits. Il s’agit, chaque fois, de deux personnes posant devant la caméra, joue contre joue. “As promised” correspondait en fait à une promesse du photographe faite aux sujets photographiés: à chaque image prise, la promesse de l’envoi d’un e-mail avec le cliché des personnes photographiées. Dans cette série ce ne sont pas toujours des couples au sens formel du terme. Il s’agit parfois de frères, de soeurs ou d’amis et parfois même de parfaits inconnus s’étant croisés dans un lieu de fête le temps d’un cliché.  “As promised” est une série ludique et chaleureuse et qui met en avant le côté intime que l’on ressent lorsque les deux visages se retrouvent ainsi côte à côte.

Paradoxalement, chaque visage acquiert encore plus d’individualité lorsque les traits des uns et des autres se retrouvent si rapprochés. De plus, chacun des deux participants ne voyant pas l’expression de l’autre, l’image qui en résulte est souvent touchante et remplie d’humour. Comme le dit Lucien Samaha: “Le but de ce projet n’est pas simplement de réaliser des portraits mais de mettre en avant une communauté de gens en les présentant sous forme de grand composite”.  Le site web www.fotolog.net/luce donne un parfait aperçu de sa démarche.

La majeure partie de sa carrière de photographe, Lucien Samaha l’a orientée du côté plutôt drôle, sexy et léger de la vie. Ses images sont le résultat d’un dialogue constant avec les tendances dominantes de la photographie contemporaine.