JÉRÔME BRÉZILLON – Stand Art Life

Biography

“Je fais juste de la photographie par plaisir, je me promène et je fais des paysages. J’ai un billet aller-retour et pendant ce moment je roule, je m’arrête, je fais des photos, je roule, je m’arrête, je fais des photos, je n’essaye pas de raconter quoi que ce soit, j’évite juste les grosses villes et les gens, c’est à peu près tout. Mon but c’est un peu de me perdre. J’aime bien ces lieux de vie, quand il n’y en a pas. Ce sont des endroits où je suis bien avant tout, je prends du plaisir à cadrer, je prends du plaisir à attendre la lumière. J’aime bien quand les lumières se mélangent, la lumière du jour et la lumière urbaine. Je suis là mais je suis presque plus spectateur qu’autre chose. Ce qui m’intéresse c’est d’être seul, c’est presqu’une fiction, comme un décor et je me promène dans ce décor, et tout ça, vide, c’est juste beau.”(…)
Jérôme Brézillon

Né à Paris en 1964, Jérôme Brézillon, photographe de presse, collaborateur régulier de Libération, Le Monde, Les Inrocks, Télérama, avait fait du paysage une de ses thèmes de prédilection.

Traitées souvent comme des tableaux abstraits, ses images sous une apparente objectivité, traitent symboliquement de l’espace et du vide, de la présence et de l’absence. Cet espace vide semble être une recherche de quiétude, de silence, à l’instar de l’image d’une intersection de route en pleine campagne enneigée, posée là sans aucune référence de lieu, arrivée de nulle part allant on ne sait où. Improbable. Un abîme d’existence qui nous révèle l’intensité du vide.

Cet espace de lieu devenu non lieu est aussi une observation sociale, sur l’homme et la place qu’il investit dans le paysage, en écho aux photographes de l’exposition «New Topographics» présentée par William Jenkins en 1975 au George Eastman House à Rochester, NY. A la différence que sous cette feinte objectivité, Jérôme Brézillon semble à certains égards suggérer que la place que semble occuper l’homme dans le paysage de cette immensité américaine, serait en faite des traces de son passage, où la nature aurait repris le dessus.

Lauréat de la fondation Hachette et du World Press Masterclass, son travail a fait l’objet de nombreuses expositions et est présent dans le Fond National d’Art Contemporain.
Montrées pour la première fois à Genève, ses photographies de la série Stand Art Life, réalisées entre 1999 et 2003 allant du Sud profond au Nord Dakota, installent une analyse fine de notre temps.

Jérôme Brézillon laisse une œuvre photographique inachevée. Il est décédé le 2 mars 2012.