Cornelia van der Linde

Cornelia van der Linde est diplômée du renommé Rochester Institute of Technology (1989). Après trois ans d’assistanat auprès des meilleurs photographes de New York, elle a été engagée en tant que photographe au Département de l’Instruction publique de la Ville de New York. En 1991, elle a rejoint l’équipe de la célèbre photographe Annie Leibovitz en tant qu’assistante tireur noir-blanc. Elle la quittera trois ans plus tard, en 1994, pour créer avec le photographe Jim Megargee le laboratoire noir-blanc MV Labs.

L’exposition présente des photographies, prises à partir d’un appareil photographique à sténopé, d’arbres et de feuillages, appartenant à un projet à long terme que Cornelia van der Linde a débuté en 1998.

Partie à Mexico pour faire de la plongée sous-marine, elle reste coincée dans sa chambre d’hôtel la plupart du temps, à cause des conditions météorologiques exécrables. C’est à ce moment-là qu’elle confectionne son premier appareil avec le matériel qu’elle a sous la main: un dos de polaroid 645, un film 665 et un carton de chaussures trouvé dans l’hôtel. Elle commence par photographier ce qui s’offre à ses yeux, des arbres soufflés par la tempête, paysages tropicaux oniriques. Ses photographies, douces et sereines, semblent intemporelles, évoquant des souvenirs autant familiers qu’irréels.

D’abord attirée par les arbres parce qu’ils sont presque immobiles et parfaits pour de longues expositions, ils deviennent son leitmotiv. Elle en photographie de semblables dans de nombreuses parties du monde, travaillant aussi bien en couleur qu’en noir et blanc, grâce une grande variété de sténopés qu’elle construit elle-même selon le sujet et les résultats qu’elle désire obtenir.

Le projet alors se conceptualise : l’arbre devient signe, écriture, mais aussi trace de l’«anti-voyage». L’acte même de photographier, de se mettre en jeu, de mettre en quelque sorte son travail ‘en danger’ est tout aussi important que le résultat obtenu. Elle choisit de photographier tôt le matin, tard dans l’après-midi ou en début de soirée, afin que l’image nécessite un temps de pose compris entre 5 secondes et plusieurs minutes. Le défi alors est de tenir l’appareil dans ses mains lors de ces longs temps d’exposition. Recherchant l’effet de surprise et provoquant la nature imprévisible de cette technique, elle se sent alors, selon ses propres termes, ‘plus peintre que photographe’. Le temps et le manque de contrôle comme tentative d’échapper à une certaine rigidité de la technique photographique ?